2084. Orwell est loin désormais. Le totalitarisme a pris les traits bonhommes de la social-démocratie. Souriez, vous êtes gérés ! Le citoyen ne s'opprime plus : il se fabrique. A la pâte à norme, au confort, au consensus. Copie qu'on forme, tout simplement. Au coeur de cette glu, un mouvement, une force de frappe, des fous : la Volte. Le Dehors est leur espace, subvertir leur seule arme. Emmenés par Capt, philosophe et stratège, le peintre Kamio et le fulgurant Slift que rien ne bloque ni ne borne, ils iront au bout de leur volution. En perdant beaucoup. En gagnant tout.
Voilà un roman un peu difficile à définir, dans la mesure où, à mon avis, on a moins affaire à un roman qu'à un mélange entre fiction et essai philosophico-politique. C'est un livre qui fait réfléchir, même s'il n'est pas ultra subtil dans sa démarche, et tâche de faire passer ses idées à grand coups de maillet. A sa façon de se lancer dans de grands monologues aux airs de dissertation philosophique, Captp, le personnage principal, fait plus figure de double littéraire de l'auteur que véritablement de héros. Sa voix manque parfois de naturel, elle est trop bien construite, trop bien léchée pour avoir la spontanéité du dialogue, on y voit plus un discours, voire un cours (au point que, à un certain point, l'auteur ne le déguise même plus et livre les pensées de son personnage autour du Clastre sous la forme d'un cours dispensé à ses élèves). C'est moins vrai dans la deuxième partie du livre, plus concrètement centrée sur l'action, mais le début peut sembler un peu aride et décourageant.