lundi 13 décembre 2010

Le Parfum de la Dame en Noir - Gaston Leroux


/!\ Spoilers sur le Mystère de la Chambre Jaune.

Deux ans après les terribles évènements du Glandier, et débarrassés de Larsan/Ballemeyer, Mathilde Stangerson et Robert Darzac peuvent enfin se marier. Bonheur de courte durée cependant, car la cérémonie à peine célébrée, voilà que Larsan réapparaît, obligeant les nouveaux époux à se retrancher avec monsieur Stangerson chez les Rance, au Fort d'Hercule, près de la frontière italienne. Appelé à l'aide, Rouletabille les rejoint, accompagné de Sainclair. Force est de constater que Larsan est en effet bien vivant, et prend même un malin plaisir à semer le trouble chez les habitants du Fort d'Hercule. Rouletabille va devoir rivaliser d'ingéniosité avec ce triste individu pour sauver Mathilde Stangerson, dont le sort pourrait bien le toucher de plus près qu'il n'y paraît...

Ce deuxième épisode des aventures de Rouletabille est résolument plus sombre que le premier. Pour commencer parce que Rouletabille, touché cette fois ci de très près par le drame en cours, est beaucoup plus sombre et taciturne, beaucoup moins candide. Il n'a plus les mains et l'esprit libre pour s'occuper de l'affaire, il lui faut compter avec ses sentiments personnels, ses souvenirs et, la narration étant encore une fois assurée par Sainclair, ce point de vue extérieur nous fait paraître le jeune homme souvent plus distant et froid que dans le Mystère de la Chambre Jaune, malgré les tempêtes qui transparaissent parfois sous les bosses de son front.

D'autre part, il ne s'agit pas cette fois-ci de découvrir un assassin. Le criminel, tout le monde le connaît, c'est Larsan, et c'est à la fois sa présence et son absence qui imprègnent toute l'atmosphère du roman. Si l'on sait pertinemment qu'il est là, quelque part, et si l'on sent son regard en permanence, l'impossibilité de mettre la main sur lui et de lever le masque derrière lequel il se cache laisse planer sur toute l'intrigue une atmosphère de peur et de suspicion. Encore une fois, la narration à la première personne de Sainclair, qui n'est pas le dernier à émettre des hypothèses plus ou moins heureuses joue énormément sur la mise en place de cette toile de fond pleine de soupçon et de méfiance.

Toute l'intrigue repose ainsi sur cette tension constante, plutôt que véritablement sur l'action, et on peu effectivement trouver ce second volet des aventures de Rouletabille moins trépidant que le premier, du moins au début. Certains passages sont même franchement longs, je retiens particulièrement à ce titre la description détaillée du Fort d'Hercule, qui couvre plusieurs pages avec de fréquents renvois au plan et qui donne l'impression d'une véritable préparation de campagne militaire. C'est peut-être le but recherché, cela dit, mais ça ne m'empêche pas de sauter systématiquement ce passage à la lecture ^^''. Les autres descriptions un peu longues sont plus ou moins intégrée à la narration, ce qui les rend un peu moins arides, mais elles restent néanmoins d'une minutie quasi mathématique.

Néanmoins, l'atmosphère est mise en place de telle façon que dès le début, on est gagné comme les personnages par cette angoisse permanente, que le regard de Sainclair n'atténue pas. Le style est parfois ici plus ampoulé que dans Le Mystère de la Chambre Jaune, mais en l'occurrence il contribue également à nous plonger dans le drame, qui n'a pas la même apparente simplicité que celui de la Chambre Jaune. Ici, il s'agit de prendre le coupable avant qu'il n'y ait crime, sans savoir d'où ce coupable peut frapper, tout en sachant qu'il peut le faire à tout moment et on lit ce livre en retenant sa respiration. En conclusion, si j'apprécie un peu moins Le Parfum de la Dame en Noir que Le Mystère de la Chambre Jaune, il reste tout de même un roman à lire (ne serait-ce que pour en apprendre plus sur l'histoire de notre Rouletabille. En dehors de l'intrigue que pour ma part je trouve tout de même assez captivante dans l'ensemble, l'intérêt de la chose est surtout de voir Joseph retrouver le Parfum de la Dame en Noir et d'observer également sa bataille entre sa conscience de ses origines et ce qu'il croit devoir faire pour protéger Mathilde Stangerson.)

Un extrait en conclusion:

"Prenez vous toutes les cinq minutes la main gauche avec la main droite et demandez-vous « Est-ce toi Larsan? » Quand vous vous serez répondu, ne soyez pas trop rassuré, car il vous aura peut-être menti et il sera déjà dans votre peau que vous n'en saurez rien encore!"

2 commentaires:

  1. Réponses
    1. Je ne serais pas contre quelques développements sur cet avis un peu lapidaire ^^.

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