lundi 25 avril 2011

Les Contes de la Rue Broca - Pierre Gripari


Il était une fois la ville de Paris. Il était une fois un café kabyle. Il était une fois un monsieur Pierre. Il était une fois un petit garçon nommé Bachir. Il était une fois une petite fille, une sorcière du placard aux balais, un géant aux chaussettes rouges, une paire de chaussures amoureuses, une poupée voyageuse, une fée du robinet... la rue Broca n'est assurément pas une rue comme les autres.

Un recueil de contes pour enfants écrits avec légèreté et humour, d'une plume volontairement simple, avec un langage enfantin et un brin oralisé, qui s'accorde bien avec le genre du conte. Malgré tout, si ce recueil semble en premier lieu adressé aux enfants, certains éléments laissent supposer qu'il s'adresse tout autant aux adultes, à commencer par la préface. Elles est presque un conte à elle toute seule, puisque Pierre Gripari y évoque avec beaucoup d'humour la dimension parallèle de la rue Broca, qui n'existe que dans l'imagination en somme, qui demande aux adultes de retrouver leurs yeux d'enfants pour apprécier pleinement les histoires qu'il s'apprête à conter.

La petite légende de la genèse de ces contes, de Monsieur Pierre et des enfants de la rue Broca qui se sont rassemblés pour raconter des histoires se ressent tout au long du livre, dans le langage et les tournures de phrases un peu enfantins employé par l'auteur, des phrases brèves, percutantes et un vocabulaire simple. Malgré tout, on retrouve des schémas de contes plus ou moins connus, mais transformés, actualisés, de sorte que d'un point de vue littéraire il est amusant d'essayer de reconnaître quel est le « schéma-type » dont s'est inspiré l'auteur pour écrire ses contes. (La sorcière de la rue Mouffetard a par exemple un faux air du conte de Hänsel et Gretel des frères Grimm.). J'ai particulièrement aimé « la Fée du Robinet », car elle est une quasi réécriture du conte « Les Fées » de Perrault, où Gripari s'amuse à complètement inverser les rôles, et à jouer de cette confusion: la fille malhonnête est celle qui est, à tort, récompensée et qui finit malgré tout par être malheureuse, alors que la bonne fille reçoit la malédiction mais paradoxalement est celle qui parvient à trouver le bonheur.

Beaucoup de ces contes sont très émouvants et plein de tendresse et mettent en scène des personnages assez typiques: des géants, des sorcières, des fées... qui côtoient des gens en apparence ordinaire, évoluant dans un lieu imaginaire mais réaliste (la rue Broca qui est présentée comme une rue presque normale de Paris). L'humour du texte tient essentiellement à cette intégration d'éléments imaginaires dans un environnement en apparence quotidien, où le fantastique est accepté avec une facilité surnaturelle (personne ne s'étonne d'entendre parler des chaussures dans un placard, une poupée qui prévoit la météo ne surprend qu'à peine, et j'ai trouvé vraiment drôle les deux petites filles racontant sans s'émouvoir que leur petit frère est allé sauver leur soeur capturée par la sorcière, et encore plus la réaction des parents, pas du tout inquiets =p)

Bref, un livre bien sympathique, qui se lit rapidement et où petits et grands peuvent trouver leur compte sans trop de problèmes ^^.

Une lecture faite dans le cadre du Baby-challenge jeunesse (bon ce n'est pas l'édition de la liste et il y a quelques contes en plus dans celle que j'ai lue, mais comme en substance c'est la même chose, on ne va pas chipoter!)

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