vendredi 2 février 2018

Notes de Lecture #12

Ubik - Philip K. Dick
Première lecture de Philip K. Dick pour moi, et j'ai beaucoup apprécié l'expérience, même si je ne suis pas sûre d'avoir tout suivi à cette histoire. Mais je pense que c'est voulu. C'est un roman qui mérite définitivement une, voire plusieurs relectures pour y déceler tous les niveaux de sens dissimulés dans l'univers parfois cryptique ou très métaphorique de Philip K. Dick. Mais même quand on en reste au premier niveau, celui de l'intrigue pure et simple, cela fonctionne à merveille. Le roman est une espèce de mystère doublé d'une course contre la montre qui tient le lecteur en haleine à chaque page. Son anti-héros, Joe Chip, devient de plus en plus attachant au fil des pages (et son côté loser n'y est pas pour rien) et tout au long de l'intrigue, on apprend à ne pas se fier aux apparences et à remettre en question tout ce que le personnage principal sait ou croit savoir. Bref, Ubik est vraiment sympa (et sans danger s'il est utilisé conformément au mode d'emploi.)


0.4 - Mike Lancaster
C'était une lecture rapide, mais une chouette découverte malgré tout. Le récit en lui-même est assez linéaire, mais sa forme rend le roman terriblement addictif. il se présente comme une retranscription sous forme écrite de cassettes audio et l'objet livre lui-même fait partie intégrante de l'histoire, puisqu'il se présente comme un ouvrage futuriste, publié sous la forme archaïque que nous tenons entre les mains pour des raisons que l'on ignore jusqu'à la fin. La pseudo-retranscription permet à l'auteur de laisser des blancs, créer des ellipses qui génèrent un suspense (parfaitement artificiel, certes, mais diablement efficace, même si je regrette que l'auteur n'ait pas plus exploité cette opportunité de laisser des points obscurs dans le récit) et les diverses notes de l'éditeur (souvent hilarantes de cynisme) qui parsèment le roman et qui apparaissent un peu comme des reconstitutions archéologiques de la vie des humains au début du XXIe siècle, apportent un double niveau de lecture : non seulement celui de l'intrigue elle-même (assez linéaire, donc) mais aussi celui du contexte de publication fictif qui nous invite dès le début à nous interroger sur la fin du récit. C'est assez court, et ça ne va pas forcément au bout des possibilités offertes par ce postulat de départ, mais cela tient efficacement le lecteur en haleine, et la fin douce-amère m'a assez plu.


Arcadia - Fabrice Colin
Ce roman est un véritable ovni, et une semaine après l'avoir terminé, je ne sais toujours pas encore bien ce qui m'est arrivé... du coup, je ne sais pas vraiment si j'ai aimé, même si mon impression première n'était pas des meilleures. L'écriture de Fabrice Colin est très belle, très poétique et son univers est onirique et intrigant, mais l'intrigue part un peu dans tous les sens, l'ensemble est très fouillis, avec des tas de références culturelles à la peinture ou à la poésie balancées un peu en vrac, presque gratuitement... il m'a donné l'impression d'un livre assez bavard, qui s'écoute parler, mais qui n'a pas vraiment de but (d'un autre côté, on sait plus ou moins à quoi s'attendre dès la préface.) Cela dit, paradoxalement, la deuxième partie est encore plus improbable que la première , mais à partir du moment où j'ai renoncé à chercher une logique au roman, où j'ai juste apprécié l'écriture de Fabrice Colin (que, pour le coup, j'ai vraiment trouvée splendide) et où je me suis laissée emporter dans son univers onirique sans queue ni tête, je l'ai beaucoup plus apprécié . Je reste quand même un chouïa mitigée, parce que, quitte à avoir un roman super bien écrit et un univers riche et fascinant, j'aurais aimé que ça serve de cadre à une véritable intrigue, mais on est quand même loin de la déception que j'attendais. Je ne suis pas certaine que je le relirai entièrement (quoique...) mais je pense que j'aurai envie de le rouvrir et de butiner une page ou deux au hasard de temps à autres ^^.

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