Partout dans le monde, la population est divisée en deux catégories: les Primas, noirs, les plus riches, ceux qui dominent la société, et les Nihils, blancs, anciennement esclaves des Prima, à peine mieux considérés que des animaux. Primas et Nihils ne se mélangent pas: différents quartiers, différentes écoles, différentes façons de vivre, et les rares personnes qui tentent de surmonter ces différences se voient brimées, et traitées de la façon la plus violente. Parmi eux, Sephy, une Prima et Callum, un Nihil, s'aiment en cachette, tant bien que mal, malgré le gouffre social qui les sépare. Mais ce fragile équilibre s'effondre le jour où Callum parvient à entrer au collège de Sephy, et commence à subir de plein fouet le mépris des autres Primas.
Un livre assez captivant dans l'ensemble. Difficile de s'en détacher une fois entamé, et je l'ai lu d'une seule traite avec beaucoup de plaisir. La confrontation permanente entre Prima et Nihil et au milieu de tout ça l'histoire d'amour apparemment impossible de Callum et Sephy a un côté Roméo et Juliette qui prendrait place dans un monde très semblable à l'Amérique des années 60, où la ségrégation raciale prend des formes assez extrémistes. Cette comparaison qui vient immédiatement à l'esprit renferme une certaine ironie, puisque dans le roman de Malorie Blackman, ce sont cette fois-ci les Noirs qui oppriment les Blancs.
