mardi 2 juin 2015

Outlander, book 1 - Diana Gabaldon


1945. Alors que Claire Randall et son mari Frank sont en vacances à Inverness, un cercle de pierre propulse la jeune femme deux cents ans dans le passé, en 1743. Incapable d'expliquer ce qui lui est arrivée, elle échappe de justesse à la brutalité de l'ancêtre de son mari, l'officier anglais Jack Randall, et se voit offrir l'hospitalité par le clan Mackenzie, mené d'une main de fer par Colum et son frère Dougal. Le climat de suspicion et de rébellion qui précède le second soulèvement Jacobite place Claire dans une position délicate. Comment retrouver le chemin vers sa propre époque et vers Frank, alors qu'elle est surveillée et soupçonnée par tous?

J'ai entamé ce livre suite à la découverte de la série qui est clairement mon petit coup de coeur du moment. J'avais déjà lorgné dessus sur Livraddict (je pense même qu'il était dans ma wish-list) mais, à cause du côté romance, qui me semblait un peu trop important, je n'étais jamais allée plus loin. Finalement, je suis heureuse d'avoir été détrompée, car, si la romance est bien présente du début à la fin, il y a bien plus que cela dans ce roman, et l'ensemble se mâtine d'une touche de fantastique qui lui donne une atmosphère très intrigante.

L'un des principaux aspects de l'histoire, et le plus intéressant à mon sens, est l'attitude de Claire vis à vis de sa situation, à savoir celle d'une femme de 1945, qui plus est une infirmière de guerre, forte et indépendante, subitement projetée dans l'Ecosse de 1743, tout juste entre les deux soulèvements Jacobites, soit un moment où la tension entre Angleterre et Ecosse est à son comble. Entre son langage fleuri et son caractère bien trempé, elle ne rentre pas tout à fait dans les cases de l'époque, et cela lui attire autant d'inimitiés que d'intérêts mal placés. Le fait qu'elle soit Anglaise ne joue évidemment pas en sa faveur. Il est intéressant pendant toute une partie du roman de la voir louvoyer entre les soupçons du clan Mackenzie et ceux des officiers anglais, avec plus ou moins de succès, et de la voir se familiariser petit à petit avec les coutumes de l'époque, au point de ne plus vraiment savoir à quelle époque elle appartient, finalement.

Le côté historique du roman est finalement assez peu développé, à ce qu'il m'a semblé, même si le second soulèvement Jacobite qui se profile est un important ressort narratif : Claire peut-elle utiliser sa connaissance du futur pour sauver ceux qu'elle aime? Sans compter la méfiance induite par l'omniprésence des Jacobites dans l'entourage de Claire. Mais cela reste tout de même en surface, et si l'on n'a pas de connaissance plus approfondie du sujet, ce livre ne nous apprendra rien de plus. D'un autre côté, un aperçu général du contexte historique suffit à comprendre de quoi il retourne, et il n'y a pas besoin d'avoir de grandes connaissances sur l'histoire de l'Ecosse pour apprécier ce roman et ses enjeux.

L'ambiance Ecossaise est également très bien retranscrite, pas tellement par le biais de descriptions de paysages ou ce genre de choses (ça ne m'a pas vraiment manqué puisque j'avais la série en tête durant ma lecture de toute façon) mais surtout par le biais des accents et des tournures idiomatiques qui se ressentent dans les dialogues écossais. Outre les occasionnelles expressions en gaélique (et les noms. J'appellerais bien ma future fille Laoghaire si c'était prononçable en français xD) on peut entendre l'accent écossais rouler sur la langue à la lecture, entre les "bonny lass", "ye ken" et "didna". Pour avoir feuilleté la version française, c'est quelque chose qui est perdu de façon regrettable (en même temps, difficile de faire autrement... on ne va pas remplacer l'écossais par du ch'ti...) mais qui joue énormément sur l'immersion.

La romance est évidemment présente (chose que je fuis en courant, d'ordinaire...), mais elle est menée de façon magistrale. L'alchimie entre Claire et Jamie est évidente et poignante, leurs interactions oscillent entre une certaine douceur et parfois un côté un peu brut, mais toujours avec un respect mutuel très touchant. Tout n'est pas toujours simple, pourtant, entre la vision parfois un peu archaïque qu'a Jamie du mariage, les scrupules de Claire vis à vis de Frank et de son désir de rentrer chez elle, et il y a occasionnellement des points de friction, mais dans l'ensemble, leur histoire est très belle, sans pour autant verser dans le récit à l'eau de rose. Claire est une femme forte qui ne se laisse pas faire, et Jamie tout en étant une tête de pioche, est capable de l'apprécier pleinement.

Le ton varie tout au long du livre, aussi bien entre la romance et l'aventure qu'entre l'humour et la tragédie. En dépit de certains moments d'apaisement (qui vont jusqu'à frôler la comédie), le ton général reste assez sombre, voire vers la fin carrément noir. Diana Gabaldon ne ménage pas ses personnages, et certainement pas Jamie, et la menace de Black Jack Randall est omniprésente tout au long du récit. Le personnage en devient du coup presque caricatural, en dépit de quelques tentatives d'y apporter un peu de nuance. Il y a également quelques facilités notamment au niveau de la narration (avec un récit à la première personne, on tombe vite à cours de moyen pour permettre au lecteur de savoir ce qu'il se passe en dehors de la présence de Claire). Mais ce n'est finalement pas si gênant que ça.

Bref, en dépit de quelques défauts minimes et de quelques longueurs, notamment au début et à la fin, j'ai vraiment adoré cette lecture, en parallèle du visionnage de la série. Le cadre historique est peu approfondi, mais relativement bien exploité tout de même, les personnages sont très attachants (j'ai notamment un coup de coeur pour le couple Ian/Jenny qui sont mes deux chouchous) et les différentes parties du récit s'enchaînent sans temps mort. Bref, c'est un coup de coeur, et je lirai la suite dès que possible!

2 commentaires:

  1. Réponses
    1. Oui, je trouve ce premier tome très prometteur ^^. Merci pour ton commentaire!

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